Maladies des organes génitaux masculins

Les maladies cutanées des organes génitaux masculins peuvent être liées à des infections sexuellement transmissibles ou à des causes non sexuellement transmissibles

A. Infections sexuellement transmissibles (IST)

Les IST, autrefois appelées maladies sexuellement transmissibles (MST), sont des infections transmises lors des relations sexuelles. Les IST sont provoquées par des agents infectieux : des virus, des bactéries ou des parasites.

En France, les IST sont en augmentation depuis les années 1990. Le recours au dépistage est en augmentation.

Les IST se transmettent très facilement. Il n’y a pas toujours de signes visibles et il ne faut attendre d’avoir des symptômes pour agir. Reconnaître précocément une IST est capital. Pour savoir si l’on est ou non atteint d’une IST, il est important de se faire dépister. En effet, dès que le diagnostic est posé, des mesures pour éviter la transmission sont indispensables ainsi qu’un traitement précoce lorsqu’il est possible.

Les principaux signes des IST les plus courantes sont les suivants :

  • un écoulement par le pénis ;
  • des pertes vaginales ;
  • une inflammation des organes génitaux : rougeurs cutanées et augmentation de volume du scrotum (enveloppe des testicules) ou des lèvres vaginales ;
  • des lésions des muqueuses génitales et/ou de la peau, autour des organes génitaux ;
  • une tuméfaction (ganglions) de l’aine ;
  • des douleurs abdominales basses ;
  • une fièvre, de la fatigue…

Si vous pensez avoir une IST, consultez votre médecin. Vous ne pouvez pas soigner une IST tout seul, car chaque IST relève d’un traitement de prescription médicale ou d’une prise en charge spécifique et spécialisée.

Les IST les plus fréquentes sont les suivantes :

1) Blennorragie-gonococcie (Neisseria gonorrhoeae)

Elle se manifeste par des brûlures intense à la miction (« chaude-pisse ») et des écoulements jaunâtres au niveau du pénis (blennorragie). L’infection peut aussi concerner la gorge et l’anus. Ces symptômes apparaissent rapidement entre deux à sept jours après le rapport sexuel contaminant. Ils peuvent s’accompagner de douleurs et de fièvre.

Le diagnostic est posé après analyse au laboratoire d’un prélèvement local ou du premier jet urinaire du matin. En cas de fièvre, la bactérie est chercher dans le sang.

La blennorragie guérit lorsque le traitement est pris correctement. Non traitée, l’infection peut se compliquer d’une infection de la prostate, d’une orchi-épididymite (infection des testicules avec risque de stérilité). Si l’infection persiste plusieurs mois, des rétrécissements de l’urètre peuvent survenir. Chez la femme, elle entraîne des risques de stérilité.


2) Chlamydiose (Chlamydia trachomatis)

Très contagieuse, la chlamydiose n’entraîne souvent aucun signe visible (asymptomatique dans > 50% de cas). Cependant, des brûlures ou des écoulements blanchâtres apparaissent parfois au niveau du pénis ou de l’anus. Ces signes peuvent s’accompagner de fièvre et de douleurs au niveau du bas-ventre et survenir une à deux semaines après le rapport sexuel contaminant.

Le diagnostic est confirmé par l’analyse de prélèvements. Ces prélèvements peuvent être réalisés sur l’urètre ou sur le premier jet d’urine du matin.

Bien traitée, elle guérit sans difficulté. Toutefois, les récidives sont fréquentes dans les premiers mois. Prostatite et orchiépididymite sont rares et les rétrécissements urétraux sont devenus exceptionnels. Chez la femme, elle peut être responsable de stérilité, de grossesses extra-utérines et de douleurs pelviennes.

3) L’hépatite B (virus de l’hépatite B)

Le symptôme le plus commun d’une hépatite est la fatigue. La fièvre, les douleurs musculaires et articulaires (syndrome grippal) peuvent aussi être les premiers signes de l’hépatite virale B aiguë. Quelquefois, l’urine devient plus sombre et la peau prend une teinte jaunâtre (jaunisse). L’hépatite B passe parfois totalement inaperçue, n’entraînant aucun signe visible. Cette IST apparaît tardivement, deux à huit semaines après le rapport sexuel contaminant.

L’hépatite peut évoluer de deux façons, vers :

  • la guérison après l’infection aiguë, dans la majorité des cas (plus de 90 %) ;
  • la chronicité, on parle alors d’hépatite B chronique. Elle est définie par la persistance du virus dans l’organisme plus de six mois. Dans 2 à 10 % des cas, elle nécessite un suivi au long cours et, parfois, un traitement. En l’absence de traitement, l’évolution vers la fibrose et la cirrhose du foie est possible.

Le diagnostic est confirmé par une prise de sang.

Le traitement le plus efficace est la vaccination. A ce jour, il n’existe pas de traitement capable de guérir de l’hépatite B. Cependant, il existe des traitements (des antiviraux : entécavir et ténofovir) qui peuvent stabiliser la maladie et diminuer les lésions hépatiques sans entraîner des effets secondaires lourds et sans provoquer le développement de résistance du virus à l’égard des traitements.

4) Herpès génital (Herpes simplex virus, HSV de type-1 et de type-2)

La primo-infection symptomatique, c’est à dire l’infection lors du premier contact avec l’herpès génital, entraîne une éruption diffuse de petites cloques (vésicules) et d’érosions, sur un fond d’oedème très douloureux des organes génitaux (pénis ou anus) et de la peau autour des organes génitaux.  Des signes généraux sont associés (fièvre, malaise …). Ces signes apparaissent une semaine ou plus après le rapport sexuel contaminant.

L’examen médical peut suffire pour poser le diagnostic de l’herpès génital. Il est parfois utile de réaliser un prélèvement sur les boutons ou, très rarement, une prise de sang permet de confirmer le diagnostic.

Il est impossible, à l’heure actuelle, d’éliminer ce virus de l’organisme. L’évolution se fait par crises qui ont plutôt tendance à s’espacer au fil des années. La crise d’herpès suit plusieurs étapes : à l’endroit de la future éruption cutanée, le patient ressent des démangeaisons et des brûlures fugaces. 24 à 48 heures plus tard, de petites vésicules apparaissent, groupées en bouquets sur les régions atteintes, laissant place, quelques jours plus tard, à de petites érosions suintantes douloureuses. La crise dure environ huit jours.

Les antiviraux (aciclovir, valaciclovir) par voie orale traitent la crise, mais ne permettent pas de supprimer le virus. En cas de récidives fréquentes (au moins 6 par an), le traitement antiviral administré en continu pendant 6 mois est utile pour espacer ou raccourcir les récurrences. Il est également important de traiter la douleur, car elle peut être intense. L’application de Clareva®, un gel à base de triglycérides oxydés disponible en vente libre en pharmacie, soulage la douleur en 24 heures et favorise une cicatrisation plus rapide des lésions.

Comme dans toute maladie sexuellement transmissible, il faut penser à traiter le(s) partenaire(s). L’herpès est très contagieux. Les rapports sexuels doivent être protégés (préservatifs) pendant toute la durée du traitement. Attention, la contamination est possible de la bouche au sexe, et réciproquement.

La contamination de l’enfant lors de l’accouchement, si la mère est infectée, est la principale complication de l’herpès génital.  


5) Mycoplasmes et trichomonase

Ces germes sont à l’origine d’écoulements par le pénis ou l’anus, ainsi que de démangeaisons et de brûlures, susceptibles d’apparaître une semaine après le rapport sexuel contaminant. L’infection passe le plus souvent inapperçue chez l’homme.

Un prélèvement local permet le diagnostic.

Bien traitées, ces infections guérissent. Toutefois, les récidives ne sont pas rares. Non traitées, ces IST peuvent entraîner des complications, rares. Elles peuvent alors s’étendre aux organes voisins (prostatite, épididymite) et entraîner une inflammation des voies génito-urinaires à l’origine de stérilité.


6) Infection à papillomavirus

La majorité des personnes contaminées éliminent spontanément le virus sans développer les signes de l’infection. D’autres les hébergent et sont sujettes à la formation de condylomes, petites verrues situées sur les organes génitaux (verge, anus et sur la peau autour de ces organes génitaux). Ces condylomes peuvent apparaître une à huit semaines (voir davantage) après le rapport sexuel contaminant.

Le diagnostic est posé lors de l’examen médical. Une biopsie cutanée peut être utile pour affirmer le diagnostic.

Les condylomes, ou verrues génitales, sont souvent difficiles à éradiquer. Le traitement local (cryothérapie, imiquimod …) doit être repris plusieurs fois. En l’absence de traitement, la principale complication est le développement de cancer cutané chez l’homme et, de façon plus fréquente, du col de l’utérus chez la femme.
Ainsi, lors du diagnostic de condylomes, un examen gynécologique systématique doit être programmée chez la/les partenaire/s. Le frottis du col de l’utérus doit être fait régulièrement (au moins tous les trois ans). Il permet de dépister précocement les lésions précancéreuses ou les cancers du col de l’utérus et, donc, de les traiter rapidement. La seconde complication est la transmission du virus à l’enfant lors de l’accouchement.


7) Syphilis (Treponema pallidum)

La syphilis débute par une petite plaie (ulcération) non douloureuse, le chancre. Par la suite, elle peut entraîner des éruptions sur la peau et les muqueuses. L’ulcération est indolore, ne démange pas et ne brûle pas. Les premiers signes de syphilis apparaissent deux à quatre semaines après le rapport sexuel contaminant.

Le diagnostic est confirmé par une prise de sang et, en cas de chancre, par un prélèvement local.

Correctement traitée, elle guérit sans séquelles. Sans traitement, elle peut entraîner des complications importantes : atteinte du cerveau, des nerfs, du cœur, des artères et des yeux. Par ailleurs, une femme infectée peut transmettre l’infection à son nouveau-né.

8) SIDA (Virus de l’immunodéficience humaine VIH)

La contamination du VIH passe le plus souvent inaperçue (absence de symptômes). Mais elle peut se manifester par l’apparition de fièvre, une éruption cutanée, une fatigue, une diarrhée et un gonflement des gangions lymphatiques notamment du cou. Ces signes peuvent survenir 15 jours après le rapport sexuel contaminant. Le SIDA (syndrome d’immunodéficience acquise) peut se déclarer entre quelques mois et plusieurs années après la contamination.

Le diagnostic est confirmé par une prise de sang.

Grâce aux traitements, la personne porteuse du VIH ne développe pas ou très tardivement de symptômes, mais reste cependant porteuse du virus. En l’absence de traitement, l’infection par le VIH entraîne un affaiblissement du système immunitaire et une vulnérabilité accrue aux diverses infections, notamment opportunistes (stade de SIDA).

Dépistage des IST

Il est possible dans des laboratoires publics ou privés ainsi que dans des centres spécifiques.

    • Les centres de dépistage anonymes et gratuits (CDAG)
      Ils proposent un dépistage gratuit du virus du sida, des hépatites et parfois des autres IST. Pour connaître le centre de dépistage le plus proche, appelez Sida Info Service au 0 800 840 800, 24h/24, appel confidentiel, anonyme et gratuit. Trouvez la liste des CDAG sur le site de Sida Info Service
      • Les centres d’information, de dépistage, de diagnostic des IST (CIDDIST)

    Ils proposent un dépistage gratuit. Pour avoir l’adresse la plus proche, appelez aussi Sida info service ou consultez le site info IST.fr

    • Les centres de planification et d’éducation familiale (CPEF)
      Plus connus pour les questions de contraception, ces centres proposent également un dépistage gratuit des IST. La liste des centres est disponible sur le site « Choisir sa contraception »
    • Les centres de PMI (Protection Maternelle et Infantile). Ils peuvent également proposer un dépistage gratuit du virus du sida, des hépatites et parfois des autres IST.

Prévention des IST

Voici quelques conseils importants pour vous protéger et protéger vos partenaires de façon efficace du VIH et des autres IST :

    • utilisez un préservatif lors de chaque rapport sexuel et avec chaque partenaire tant que vous n’avez pas la certitude qu’il n’est pas porteur d’une IST. Seules deux méthodes contraceptives protègent des IST : le préservatif masculin et le préservatif féminin. Pillule contraceptive, implant, patch, anneau contraceptif, stérilet, spermicides : aucun d’entre eux n’évite de contracter une IST. C’est pourquoi, quand vous utilisez une de ces méthodes, vous devez l’associer au préservatif, qu’il soit masculin ou féminin
    • faites-vous  dépister pour les IST comme pour le VIH, de manière régulière si vous avez  plusieurs partenaires et à chaque fois que vous souhaitez arrêter le préservatif avec un nouveau partenaire régulier
    • si vous êtes traité pour une IST, prenez les traitements prescrits par votre médecin jusqu’au bout et prévenez votre ou vos partenaire(s) afin qu’il(s) ou elle(s) puisse(nt) également se faire dépister et traiter le cas échéant
    • faites vacciner votre enfant contre l’hépatite B et l’infection à papillomavirus, vous le protégerez contre ces deux infections.
    • La vaccination contre le papillomavirus  humain (HPV) permet de prévenir les infections par les virus les plus fréquents, responsables de 70 % des cas de cancers du col de l’utérus. Attention : la vaccination ne protège ni contre tous les cancers du col de l’utérus ni contre toutes les lésions précancéreuses. Donc, même vaccinées, les jeunes filles doivent se faire dépister en réalisant un frottis en vue de leur examen au microscope, tous les trois ans. Ce vaccin est réservé aux jeunes filles âgées de 11 à  14 ans, et en rattrapage aux jeunes filles de 15 à 19 ans.

 

 


B. Maladie cutanée des organes génitaux masculins non sexuellement transmissibles

En dehors des maladies dermatologiques communes (psoriasis, eczéma, irritation, lésions précancéreuses, cancers …)  qui peuvent concerner les organes génitaux masulins, certaines sont plus spécifiquement et fréquemment exprimées sur le sexe masculin. On parle de balanite qui est une inflammation du gland et de posthite qui est une inflammation du prépuce.

1) Balanites bactériennes : il s’agit d’une surinfection bactérienne bénigne et banale chez le sujet non circoncis

2) Balanite candidosique : ce n’est pas une IST bien qu’elle survienne souvent après un rapport sexuel en particulier si la partenaire a une candidose vaginale. Les colonies sont souvent les mêmes chez les partenaires sexuels mais il n’est pas toujours possible de déterminer si la source est exogène ou endogène. En effet, la pathogénicité du Candida albicans dépend de facteurs liés à l’hôte parmi lesquels le diabète est le plus important, mais aussi l’obésité, la prise d’antibiotiques, l’immunodépression et l’absence de circoncision

3) Balanite à plasmocytes de Zoon : elle touche l’homme exclusivement non circoncis entre 40 et 80 ans. La cause est inconnue, mais il s’agirait d’une forme de balanite chronique d’irritation. Dans la plupart des cas, la balanite atteint le gland avec une image en miroir sur le feuillet interne du prépuce, localisée, bien délimitée, stable, fixe. Elle se manifeste par une plaque lisse, brillante, humide, vernissée, couleur brun chocolat ou rouge orangé

4) Balanites non spécifiques : quand aucune étiologie n’est retrouvée, on parle de balanite non spécifique. En effet, il arrive assez souvent d’être confronté à des balanoposthites aiguës récidivantes ou chroniques dépourvues de toute spécificité clinique, microbiologique et histologique. Cette entité n’existe que chez les hommes non circoncis, particulièrement sur un terrain d’eczéma et en cas d’hygiène intime excessive ou au contraire en cas de manque d’hygiène, ainsi que chez les sujets âgés en raison de la macération urinaire.